Amorce De Dissertation

L'introduction

Rédiger une introduction de dissertation

La méthode d’introduction proposée ici n’est qu’une méthode parmi d’autres possibles. Cependant, quelle qu’en soit la forme, l’introduction comprend toujours l’annonce du sujet, son analyse succincte, la formulation d’une problématique et l’annonce d’un plan.

La fonction générale de l’introduction est de susciter la curiosité du lecteur, d’attirer son attention. Pensez toujours que c’est la partie la plus importante du devoir ; sa longueur doit être d’une demi-page environ, pour un devoir de quatre à huit pages que vous devez être capable de produire en quatre heures. Vous devez d’abord l’écrire au brouillon, pour la recopier lorsqu’elle vous semble réussie.

L’amorce d’un devoir

C’est la toute première partie du devoir, l’introduction à l’introduction. L’amorce doit toujours susciter l’intérêt du lecteur : imaginez qu’elle doit toujours distinguer votre copie de celles de tous les autres candidats. Pour cette raison, vous devez absolument bannir les formules toutes faites, qui pourraient introduire n’importe quel devoir.

Les formules toutes faites les plus courantes sont : « de tout temps, l’homme s’est posé la question : (énoncé du sujet) », « depuis la nuit des temps », « depuis toujours », « depuis que l’homme est homme », « l’homme a toujours pensé que », etc. En règle générale, les clichés parlent de l’homme, souvent avec une majuscule injustifiée.

La méthode que nous vous proposons pour éviter ce type de fausse introduction consiste à partir non pas d’une proposition très générale qui se présente comme une vérité, mais d’un point très particulier à partir duquel il faudra généraliser. Voici quelques manières de donner à votre devoir de l’intérêt et de la personnalité.

La citation

Cette méthode suppose bien entendu que vous disposiez d’une citation en rapport avec le sujet. Inventer une fausse citation est un pari risqué ; vous avez neuf chances sur dix d’être démasqué, et vous paierez le prix fort de votre malhonnêteté. La citation peut être directement mise en tête du devoir ou elle-même introduite.

L’introduction d’un devoir sur le sujet « Tout savoir est-il pouvoir ? » peut commencer par : « “Science is power”, disait l’auteur du Novum organum, Bacon, le grand restaurateur des sciences » ; ou encore : « Le grand projet de Descartes, sur le point d’établir les fondements de la science, était de nous rendre “maîtres et possesseurs de la nature”. »

Personne n’est contraint de connaître une citation ; on ne vous reprochera pas de n’en mettre aucune en tête de votre devoir. Néanmoins, il sera bien entendu un peu valorisé si vous savez l’y placer avec pertinence.

L’anecdote

Il ne doit en aucun cas s’agir de quelque chose qui vous est arrivé, même si c’est tout à fait exceptionnel et digne d’être relaté. Vous devez présenter l’anecdote comme une observation à valeur universelle, qui peut se rapporter au sujet, même si vous la puisez dans votre expérience personnelle.

Sur le sujet « Qu’est-ce qui, selon vous, peut le mieux unir les hommes : la raison, l’intérêt ou le sentiment ? », vous pouvez commencer de la façon suivante : « On observe parfois dans la vie courante des phénomènes de communication immédiate, irréfléchie, de sentiments comme la peur, la haine, le dégoût, l’enthousiasme, qui se propagent dans une foule ou se transmettent d’un individu à un autre. »

L’anecdote peut ne se rattacher que par un lien assez lâche au sujet : n’oubliez pas qu’elle n’en exprime alors qu’un aspect particulier et que vous devrez ensuite élargir le champ de votre propos.

Le mythe

Les récits de la mythologie forment souvent d’excellentes introductions à un devoir ; pensez également aux mythes, paraboles, comparaisons des dialogues de Platon. Sachez que la parabole de la caverne revient très fréquemment dans les devoirs ; mieux vaut donc l’éviter, à moins qu’elle s’impose tout particulièrement ou à moins de la présenter de manière originale.

Vous pouvez raconter le mythe intégralement, surtout s’il n’est que peu connu, ou vous contenter d’y faire allusion, s’il est très connu. Dans le doute, racontez-le intégralement. Si vous devez le rapporter in extenso, tâchez d’être le plus bref possible.

Sur le sujet « La philosophie est-elle dangereuse ? », vous pouvez amorcer l’introduction de la manière suivante : « Les cigales, raconte Platon dans le Phèdre, sont d’anciens hommes qui chantaient infatigablement du matin au soir, perdant le boire et le manger ; comme ils mouraient de chanter, les muses eurent pitié d’eux, et les changèrent en cigales, pour qu’ils puissent chanter toujours sans en mourir. À l’image des cigales, et par respect pour les hommes qu’elles furent, conclut Platon, le philosophe doit négliger les soins du corps pour se consacrer sans faillir à la recherche de la vérité. »

La difficulté est de savoir rattacher le mythe à un sujet : cela nécessite d’être en mesure d’en donner une interprétation. Vous ne saurez faire cela qu’après vous être exercé(e) à relier chaque mythe que vous connaissez à un maximum de sujets dans une liste donnée.

L’œuvre littéraire

L’ensemble des ouvrages que vous avez pu lire, dans le cadre scolaire ou par vous-même, peut fournir d’excellentes amorces d’introduction. Évitez tout ce qui ne peut faire figure d’ouvrage classique, comme des romans policiers, fantastiques (hors grands écrivains reconnus comme tels), etc. S’y référer est un pari risqué en effet ; ce n’est pas que tous les professeurs de philosophie condamnent cette culture, mais il se peut que votre correcteur soit l’un de ceux qui la condamnent. Puiser dans les classiques, c’est choisir une voie sûre, pas une voie obligée.

Connaissances d’un autre domaine (biologie, mathématiques, physique, histoire, langues…)

La philosophie, vous l’aurez remarqué, est une discipline universelle, qui a des prétentions sur tous les domaines de la connaissance. Faire appel à un savoir personnel dans la discipline concernée par le sujet que vous avez à traiter est souvent un excellent moyen d’introduire un devoir.

Un sujet sur l’histoire peut être introduit par une anecdote ou un grand fait historique qui l’illustre particulièrement bien selon vous ; un sujet sur les mathématiques peut commencer par l’énoncé d’un théorème ou une (courte) démonstration sous forme de phrases ; un sujet sur la physique, par une loi et son interprétation, ou un fait de l’histoire des sciences ; un sujet sur le langage, par une connaissance en langue, vivante ou morte, de préférence originale ou rare.

Amener le sujet

Puisque l’amorce n’est qu’une illustration du sujet, il faut préciser son rapport au sujet ; puisqu’elle ne concerne qu’un aspect particulier du sujet, il faut l’amener dans toute sa généralité. Une transition entre l’amorce de l’introduction et l’intitulé du sujet est donc nécessaire. La transition dépend de la nature de l’amorce.

À partir d’une citation

S’il s’agit d’une citation un peu lointaine par rapport au sujet, précisez le problème. S’il s’agit d’une citation qui concerne précisément le sujet, remettez-la en question, si elle n’illustre qu’une thèse possible du problème ; s’il s’agit d’une citation qui pose le problème ou le sujet précisément, vous pouvez vous dispenser de transition et passer directement à la troisième étape de l’introduction.

Pour le sujet « La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? », voici ce que donnerait le début d’une introduction possible : « Le Nouveau Testament répète des formules du type : “heureux les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux”, ou encore “Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?” [Fin de l’amorce du devoir.] Cependant, la religion chrétienne a aussi pu développer avec rigueur une véritable foi scientifique, dont le savoir est établi par la théologie. Qu’en est-il des rapports de la foi et du savoir ? [Fin de la transition : ici, transition par contradiction d’une thèse énoncée, ce qui généralise le débat et amène la question.] La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? [Fin de la première partie de l’introduction.] »

À partir d’une anecdote ou d’une connaissance d’un autre domaine

La transition consiste en ce cas à généraliser le problème, en montrant qu’une véritable compréhension du fait exposé dans l’amorce dépend de la compréhension du problème posé par le sujet.

À partir d’un mythe ou d’une œuvre littéraire

La transition est une interprétation du récit de l’amorce, qui mène par réflexion au problème posé par le sujet.

Fin de la première partie de l’introduction

Au terme de ces deux étapes, vous pouvez recopier tel quel le libellé du sujet. Les deux premières étapes ont servi à l’introduire et à attacher de l’intérêt au problème qu’il pose ; l’amorce et la transition permettent de comprendre dans quelle mesure le sujet nous concerne, à quel point il nous plairait de voir résoudre le problème qu’il pose.

Analyse des termes du sujet

La deuxième étape de l’introduction consiste à aboutir à une problématique. Tous les éléments ont déjà été mis au jour. Il s’agit seulement d’organiser les résultats de l’analyse du sujet (voir séquence 1, deuxième partie), et de les exposer.

Définir ?

Un problème particulier se pose : faut-il définir les termes du sujet ? D’un côté, en effet, il faut savoir de quoi l’on parle exactement ; de l’autre, comment savoir dès le début du devoir ce que signifie une notion que l’on va précisément analyser au cours du devoir ?

Les définitions que l’on donne au début d’un devoir ont pour seule fonction de préciser un peu le sens des mots tel qu’on l’entend couramment et d’écarter des significations communes qui n’intéressent pas le sujet. Elles ne constituent pas un acquis définitif, mais un point de départ. Il vous faut donc proposer une définition de chacun des termes importants du sujet afin de délimiter le champ de votre réflexion ; mais personne ne sera surpris si, à la fin de votre travail, votre définition initiale apparaît incomplète. Le dire en conclusion vous aiderait même à mettre en relief la progression de votre devoir.

Formulation de la problématique

De l’analyse des termes du sujet doit découler la problématique, c’est-à-dire l’interprétation que vous donnez du sujet à la lumière de votre analyse. La problématique a été élaborée au cours de la séquence 3 ; vous n’avez ici encore qu’à recueillir les fruits de votre travail.

À titre d’illustration, voici à quoi peut ressembler l’analyse d’un sujet dans une introduction telle qu’elle aboutit à la formulation d’une problématique. Pour le sujet « La politique est-elle une technique ? », on peut proposer l’analyse suivante, à la suite de l’énoncé du sujet : « La technique est une pratique reposant sur le savoir, qui distingue l’homme compétent de l’ignorant. Puisque la politique est l’organisation la plus générale de la vie des hommes en communauté selon un certain mode d’exercice du pouvoir, la question est de savoir si tous les hommes disposent d’une certaine compétence en ce qui concerne l’organisation collective la plus générale de leur propre vie, ou s’il est au contraire réservé à certains savants du pouvoir de diriger les affaires d’un État. »

Au terme de la deuxième étape de votre introduction, le sujet est analysé et problématisé : vous savez désormais à quelle question vous allez chercher à répondre.

Annonce du plan

Reste à indiquer sommairement la façon dont vous allez procéder pour répondre. L’annonce du plan est un art réputé difficile : comment annoncer les grandes directions de votre recherche sans pour autant dévoiler le contenu de votre devoir ? La bonne annonce de plan ne doit en dire ni trop ni pas assez.

L’annonce d’un plan par thèses est relativement aisé, dans la mesure où il ne dévoile pas votre position.

Pour le sujet « La guerre est-elle absurde ? », voici ce que pourrait donner une annonce de plan par thèses : « Certes, une tuerie systématique qui engendre d’elle-même la haine qui la nourrit en retour n’a pas plus de sens qu’une humanité qui se détruit d’elle-même ; en revanche, lorsque les belligérants font abstraction de la réalité de la guerre, pour fixer leur attention sur le but qu’elle leur semble seule permettre, la guerre n’a rien d’absurde. Ne faut-il pas, à la lumière du rapport entre le moyen et la fin, reconsidérer le sens et le non-sens de la guerre, soit en distinguant les guerres absurdes de celles qui ne le sont pas, soit en faisant des époques les plus sombres de l’histoire humaine le délai de maturation hélas nécessaire à l’éclosion d’un monde meilleur ? »

L’annonce d’un plan par étapes dévoile le cheminement général de votre réflexion et l’imbrication réciproque de problématiques secondaires (voir séquence 4).

Pour le sujet « Ne peut-on juger que selon le bien et le mal ? », voici une annonce de plan par étapes possible : « La question qui se pose dans un premier temps est celle de la nature du bien et du mal : est-ce parce qu’il y a un bien en soi et un mal en soi que nous devons pratiquer l’un et nous abstenir de l’autre, ou est-ce parce que nous encourageons certains actes et condamnons d’autres que nous les qualifions de bien ou de mal ? À la lumière de l’un ou de l’autre principe, on peut se poser la question du jugement moral : est-il fondé en soi ou dépend-il des usages et des civilisations ? Enfin, selon la nécessité du principe de bien et de mal, ou sa contingence, il s’agit de savoir si un jugement de valeur qui userait d’autres concepts est possible ou s’il ne faut pas toujours finalement en revenir à une telle distinction. »

Vous noterez que le plan annoncé dans une introduction n’est pas nécessairement calqué sur la problématique (voir séquence 4). Cependant, lorsque le plan découle exactement de la problématique, vous pouvez vous dispenser de le formuler.

En ce qui concerne le sujet « La politique est-elle une technique ? », pris plus haut en exemple, aucune annonce de plan n’est nécessaire si vous suivez un plan par thèses. En revanche, aucune troisième partie n’y est annoncée. Si vous en envisagez une, il faut ajouter une phrase du type : « Mais peut-il seulement exister un tel savoir dans le domaine de la politique ou ne doit-on pas, au contraire, l’envisager comme un idéal auquel il faudrait renoncer, dans la mesure où il est dangereux d’y prétendre, pour se rabattre sur un pis-aller peu satisfaisant, mais qui nous épargne le pire ? »

Cherchez toujours à rendre bien évidentes les différentes parties que vous annoncez.

Conclure l’introduction

Au terme de l’annonce du plan, votre introduction est terminée. Vous pouvez cependant la conclure en rappelant par une simple allusion, sans s’y étendre, votre amorce : cela permet de rappeler le lecteur à l’intérêt du sujet, d’une part, et d’introduire votre développement, d’autre part. Pratiquez quoi qu’il en soit un tel rappel de votre amorce si vous la trouvez brillante ou particulièrement judicieuse.

D'une manière générale...

Une introduction de dissertation doit toujours amener le sujet, le donner, l'interroger et indiquer les futures parties de la dissertation.

On retient donc que l'introduction se compose des 3 éléments suivants :

  • de quelques mots pour arriver au sujet et l'interroger

  • du sujet donné

  • de l'annonce du plan qui sera suivi dans la dissertation.

Combien de lignes faut-il faire ?

Etant donné que vous devez recopier le sujet et la citation – s'il y a une citation – le nombre de lignes de l'introduction varie en fonction du sujet donné. Au bac, ne faites pas une introduction de plus de douze lignes. Entre sept et dix lignes semble raisonnable pour une écriture moyenne.

Quand faire l'introduction ?

L'introduction est évidemment ce que l'examinateur lira en premier de votre copie. C'est le paragraphe qui débute votre copie. Pourtant c'est la dernière chose que vous faites sur votre brouillon !

Cela signifie que c'est APRÈS avoir analysé longuement le sujet que vous pouvez faire une introduction de dissertation. Certainement pas AVANT !

Comment faire ? Comment trouver quelques mots « pour arriver au sujet et l'interroger » ?

Nous allons vous montrer comment faire dans cette fiche à travers un exemple. Pourtant il est vrai que c'est difficile pour des lycéens, surtout pour ceux qui ne sont pas en filière littéraire. Si vous n'y arrivez pas, sachez que ce n'est pas très important. Ne perdez pas trop de temps là-dessus et laissez tomber ces détails qui ne rapportent pas beaucoup de points. Ce qui compte, c'est surtout la suite : le contenu de la dissertation !

Pour une copie de bac, les examinateurs attendent toutefois le minimum, c'est-à-dire le sujet donné et le plan de votre dissertation.

Retenez donc que pour une introduction de dissertation au lycée, on exige : le SUJET recopié + L'ANNONCE du plan de la dissertation.

Voyons un exemple pour bien comprendre...

SUJET

Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?

ANALYSE DU SUJET

Le sujet ne contient pas de citation. C'est un sujet de réflexion qui pose directement une question à propos du « recours à la fiction » et des « défauts des hommes » qu'on souhaite « dénoncer ». Il indique des exemples de « recours à la fiction » : la fable, le conte philosophique, le portrait satirique, le roman-fable. Tous ces genres littéraires sont des genres argumentatifs qui utilisent de la fiction, c'est-à-dire des histoires inventées, pour faire passer un message.

Le sujet évoque « les défauts des hommes ». Le message à faire passer à travers ces genres argumentatifs littéraires porte donc sur cela : les vices et faiblesses des humains. On pense par exemple tout de suite à La Fontaine qui utilisent des animaux dans ses fables pour se moquer des hommes curieux, stupides, prétentieux, etc.

Enfin le sujet demande si ces fables, contes et autres genres littéraires sont efficaces. C'est là-dessus que s'articulera toute la réflexion de la dissertation dans un plan dialectique. On peut en effet spontanément dire que oui, la fable dénonce efficacement les défauts des hommes. Mais on peut répondre aussi que ça ne marche pas toujours, que ce n'est pas toujours efficace ; on peut aussi préciser que parfois il est plus efficace de s'exprimer directement, par exemple dans un discours politique, plutôt qu'à travers une histoire inventée.

INTRODUCTIONS POSSIBLES

Prenons trois élèves A, B et C.

Tous trois sont arrivés au même plan de dissertation, un plan dialectique (voir sur le site la fiche Comment faire une dissertation si vous ne savez pas ce qu'est un « plan dialectique »).

Ces trois élèves font un plan très simple en 2 parties. Dans la première partie, ils vont aller dans le sens de l'affirmation du sujet. Dans la deuxième partie de la copie, ils vont montrer toutes les faiblesses de cette affirmation. En gros, ils vont dire « Oui » puis « Mais ».

L'élève Acherche des idées pour l'introduction mais se rend compte qu'il n'y arrive pas bien. Il va donc se contenter du minimum exigé pour ne pas perdre de temps sur l'ensemble de son travail. Et il a raison ! Son introduction est courte, un peu maladroite,mais ne peut pas le pénaliser. Elle est acceptable, surtout si c'est un élève d'une filière technologique.

L'élève Bréussit à expliquer le sujet de la dissertation en fonction de son cours. Il repère en effet qu'on oppose dans le sujet la fiction et la réalité. Il reconnaît alors l'opposition vue en classe entre les genres argumentatifs qui relèvent de l'argumentation indirecte, et ceux qui relèvent de l'argumentation directe.Cet élève parvient par conséquent à rédiger quelques mots pour présenter le sujet et l'interroger. Son introduction est très satisfaisante car le sujet est analysé.

L'élève Créussit lui aussi à expliquer le sujet de la dissertation en fonction de son cours. Il cherche d'emblée à donner du sens à ce sujet et réagit sur les « défauts des hommes ». Son introduction est très satisfaisante car le sujet est analysé.

PS : nous avons mis en évidence en bleu sombre et en gras la reprise du sujet. L'annonce du plan de la dissertation figure en vert. Bien entendu, vous, vous n'utilisez qu'une seule couleur pour toute votre copie (tout en bleu ou tout en noir). Pensez aussi à faire un alinéa, par exemple de trois carreaux, comme pour chaque paragraphe de votre dissertation.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève A

          Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Nous verrons dans une première partie que la fiction peut effectivement dénoncer efficacement les défauts des hommes. Nous étudierons ensuite les limites de ce recours à la fiction.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève B

Un auteur qui souhaite dénoncer les défauts des hommes a le choix. Plusieurs genres argumentatifs sont à sa disposition. Certains relèvent de la fiction et de l'argumentation indirecte comme la fable ou le portrait satirique ; d'autres s'ancrent dans la réalité et l'argumentation directe tels que le discours ou l'essai. On peut alors s'interroger sur l'efficacité de ces différents outils. Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Nous verrons dans une première partie que la fiction peut effectivement réussir à dénoncer les vices et faiblesses de l'espèce humaine. Dans une seconde partie, nous montrerons les limites du pouvoir de la fiction et étudierons l'efficacité des autres genres argumentatifs.

DEBUT DE LA COPIE DE l'élève C

L'Homme est loin d'être parfait et ses défauts sont nombreux : il peut être avare, prétentieux, frivole, cruel, cupide, flatteur, etc. Pourtant il aspire aussi à se corriger et est capable d'entendre les critiques. C'est ainsi que des auteurs peuvent mettre en scène les défauts humains à travers des histoires inventées. Cependant est-ce le meilleur moyen de se faire entendre ?Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?Dans un premier temps, nous prouverons la force de la fiction, capable effectivement de dénoncer les vices et faiblesses de l'espèce humaine. Nous verrons ensuite les faiblesses de ce recours à la fiction, en particulier lorsqu'on la compare à la réalité, sur laquelle s'appuient les genres littéraires relevant de l'argumentation directe.

Autre situation :

Comme vous le savez, le sujet peut contenir une citation (voir sur le site la fiche générale Comment faire une dissertation ?).

C'est le cas par exemple dans le sujet suivant.

SUJET

"Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre" dit Alceste, personnage du Misanthrope de Molière (1666). Pensez-vous justement que l'expression du conflit au théâtre peut se passer de mots ? Ou bien estimez-vous que le théâtre présente aussi une dimension purement littéraire ? Vous mènerez une réflexion sur ce sujet en exploitant le corpus donné ainsi que vos lectures et expériences personnelles du théâtre.

REMARQUES IMPORTANTES

1/ Bien entendu, vous ne recopiez pas la partie "Vous mènerez une réflexion sur ce sujet en exploitant le corpus donné ainsi que vos lectures et expériences personnelles du théâtre".

Ce ne sont là que des consignes pour réaliser le devoir. Ces mots n'apportent rien à la réflexion. Ils ne doivent donc pas se trouver dans votre introduction de dissertation !

2/ Autre remarque : le "vous" qui est utilisé dans le corps du sujet est aussi à modifier. En effet, vous devez faire comme s'il n'y avait pas de devoir, comme si vous n'étiez pas en train de faire un exercice. En résumé, c'est vous qui menez entièrement la dissertation en vous abritant derrière des tournures impersonnelles.

Ainsi les questions :

Pensez-vous justement que l'expression du conflit au théâtre peut se passer de mots ? Ou bien estimez-vous que le théâtre présente aussi une dimension purement littéraire ?

deviennent :

L'expression du conflit au théâtre peut-elle se passer de mots ? Ou bien le théâtre présente-t-il aussi une dimension purement littéraire ?

3/ La citation donnée et la reformulation du sujet semblent distinctes. Si vous pensez en être capable, essayez alors d'ajouter des liens, c'est-à-dire quelques mots pour accompagner le passage de la citation aux questions.

Voici ce que ça donne : « Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre » dit justement Alceste dans Le Misanthrope de Molière, représenté en 1666. Il semble ainsi affirmer qu'on peut se fâcher sans faire de phrases ni les entendre. Sans doute. Mais n'est-ce pas une vision réductrice de la dimension théâtrale ? Nous nous demanderons donc si l'expression du conflit au théâtre peut réellement se passer de mots.

Bien entendu, ceci ne vous dispense pas de rédiger quelques lignes qui amènent le sujet ! Ici, contrairement à l'exemple précédent, vous n'avez pas besoin de vraiment l'interroger car les questions qui suivent la citation reformulent et interrogent ce sujet. En revanche, vous pouvez créer "un chemin" pour arriver à la citation.

Ici il s'agit d'un personnage de Molière. L'introduction portera donc non seulement sur le sujet (l'expression du conflit au théâtre) mais se rapprochera également d'une introduction de commentaire composé : en entonnoir, pour partir de considérations générales sur le théâtre au XVIIe et aboutir à la pièce du Misanthrope de Molière, de laquelle est extraite la citation.

Ainsi, l'introduction complète pourra ressembler à ceci :

           Le XVIIe siècle a marqué un tournant dans l'histoire du théâtre français. C'est en effet à cette époque que les règles du théâtre classique sont fixées, avec la règle des trois unités et les principes de vraisemblance et de bienséance. Surtout, c'est à ce siècle qu'écrivent de grands dramaturges tels que Racine, Corneille et Molière. Cet auteur, né Jean-Baptiste Poquelin, a composé de nombreuses comédies comme L'avare, Le Bourgeois gentilhomme, Tartuffe,Les Fourberies de Scapin, Le Malade imaginaire et bien d'autres encore. Souvent ces pièces mettent en scène des conflits : valets cherchant à tromper leurs maîtres, disputes amoureuses, opinions différentes entre les pères et leurs enfants à propos de leurs mariages, etc. Dans les pièces de Molière en particulier, et au théâtre de manière générale, les situations de conflit ne manquent donc pas. « Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre » dit justement Alceste dans Le Misanthrope de Molière, représenté en 1666. Il semble ainsi affirmer qu'on peut se fâcher sans faire de phrases ni les entendre. Sans doute. Mais n'est-ce pas une vision réductrice de la dimension théâtrale ? Nous nous demanderons donc si l'expression du conflit au théâtre peut réellement se passer de mots.Pour cela, nous verrons dans un premier temps comment on peut donner raison à Alceste et nous envisagerons le théâtre comme une scène sans paroles. Dans un deuxième temps, nous nous appliquerons à voir la dimension littéraire d'une pièce de théâtre, résultat d'un travail d'auteur. Enfin, dans une troisième partie, nous réfléchirons à la spécificité du théâtre, combinant texte et représentation.

Pour l'analyse de ce sujet et la rédaction complète de la dissertation, voir sur le site la fiche Dissertation rédigée (sur le conflit et le rôle des mots au théâtre).

VOUS SAVEZ DÉSORMAIS COMMENT FAIRE UNE INTRODUCTION POUR UNE DISSERTATION. MAINTENANT, ENTRAÎNEZ-VOUS !

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